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| Algérie - Syndicats de la santé: Les médecins grévistes répondent à Ouyahia |
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| Published by El Watan | |
| Sunday, 07 February 2010 | |
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Nabila Amir et Eda Bekkat
Pour rappel, le chef de l’Exécutif a accusé, mercredi dernier, les syndicalistes en soutenant : « Il y a des personnes qui ont perdu des batailles sur le plan politique, alors elles les ont transférées dans l’espace syndical. Il ne faut pas que les grévistes s’illusionnent... Le pétrole est en net recul. » Le docteur Merabet, porte-parole du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), a rétorqué à Ouyahia que « leur démarche est très claire et aussi propre que la couleur blanche de la blouse que porte le praticien ». Dr Merabet estime que les propos d’Ouyahia sonnent comme une manipulation de l’opinion médicale et publique. « Nos revendications sont purement socioprofessionnelles, elles ne relèvent nullement d’une manipulation politique. Il faudrait qu’Ouyahia apporte ses preuves par rapport à ces accusations », a-t-il soutenu en déplorant le fait qu’un chef de l’Exécutif insulte des universitaires et crache sur leur droit à la citoyenneté. « Nous avons demandé audience au Premier ministre afin de lui exposer notre situation, mais il a refusé de nous recevoir, nous l’avons interpellé à plusieurs reprises, il a refusé de nous écouter. Si M. Ouyahia se base sur des rapports mal établis, ce n’est pas de notre faute, mais c’est la sienne », a fulminé Dr Merabet. Pour sa part, Dr Youcefi, chef de file du Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP), a demandé à Ouyahia de cesser d’insulter l’élite et l’avenir de ce pays. « Nous n’accepterons jamais que l’on soit insultés dans notre dignité. » Il pense qu’Ouyahia vit sur une autre planète, car ses déclarations sont en porte-à-faux avec ce qui se passe en Algérie. « Si le chef du gouvernement avait accepté de nous recevoir et si le groupe parlementaire du RND avait daigné nous ouvrir ses portes, nous leur aurions expliqué nos doléances et auraient compris que nous n’avons jamais demandé un SNMG à 35 000 DA », a tonné Dr Youcefi, qui précise, plus loin, que les syndicats du secteur de la santé n’ont de leçon de nationalisme et de patriotisme à recevoir de personne. Le conférencier a tenté de rafraîchir la mémoire au Premier ministre en lui rappelant que durant la décennie du terrorisme les praticiens – qui revendiquent aujourd’hui l’amélioration de leurs conditions de travail – n’avaient pas fui le pays. La grève est maintenue« Nous défendons cette santé publique depuis plus de 30 ans. Des praticiens se sont sacrifiés pour ce pays, ils ne l’ont pas quitté comme l’ont fait ceux qui vous entourent aujourd’hui », s’est exclamé le président du SNPSSP. Ce dernier contredit Ouyahia sur la question des augmentations de salaire. « Notre statut comporte des lacunes et la correction de ces bêtises rétablira le praticien dans ses droits. Cette démarche ne demande pas un argent fou, ne coulera pas le bateau Algérie et ne causera pas un déséquilibre financier. Nous demandons nos droits comme cela s’est fait pour les députés et les autres corps », a affirmé l’orateur, qui soutient que les praticiens font un travail pour lequel ils veulent être rétribués à sa juste valeur. Revenant aux revendications des SNPSP et SNPSSP et du sit-in de mercredi dernier, les conférenciers ont, préalablement, décidé de maintenir la grève dans sa forme ouverte avec un service minimum à assurer dans des situations d’urgence médicale établies. Tout en relevant la mobilisation massive et historique des praticiens à travers le territoire national, les syndicats dénoncent fermement les pressions exercées par l’administration sanitaire centrale et déconcentrées (DSP) sur les cadres syndicaux dans plusieurs wilayas du pays, notamment à Alger, Sétif, Oran, Mascara et Laghouat, à des fins d’entraves du libre exercice du droit syndical et du droit à la grève. Par ailleurs, pour ce qui est des rassemblements pacifiques de protestation, les syndicats ont décidé, cette fois-ci, d’organiser à Alger un sit-in devant le siège du ministère de la Santé, alors que dans les autres grandes villes, il a été décidé des rassemblements dans l’enceinte des hôpitaux et des marches vers les directions de wilaya. Les syndicats réitèrent, en outre, leur disponibilité au dialogue et interpelle une énième fois les plus hautes autorités du pays pour intervenir et s’investir positivement dans la solution des problèmes récurrents du secteur public de la santé pour le bienfait et le bien-être des citoyens. La matraque pour réponseComme il fallait s’y attendre, les médecins ont été bastonnés, mercredi dernier, à l’entrée de l’hôpital Mustapha Pacha. Plusieurs blessés ont été relevés parmi les manifestants qui ont tenté de sortir dans la rue pour manifester contre le mépris affiché depuis plus d’un mois par les pouvoirs publics face à leurs revendications exprimées jusque-là de manière responsable à travers un service minimum assuré pour ne pas paralyser les hôpitaux et les structures de santé. Comme l’a fait il y a quelques années son collègue de l’Education nationale contre les enseignants, le ministre de la Santé, lui-même médecin de formation, n’a pas hésité à ordonner la charge policière contre les praticiens et les spécialistes de santé publique auxquels se sont joints plusieurs députés du RCD de Saïd Sadi et du PT de Louisa Hanoune. Oui, il fallait s’y attendre à une telle réaction violente de la part d’un pouvoir politique qui n’a jusqu’à présent su qu’opposer la matraque comme réponse aux préoccupations on ne peut plus légitimes des différentes catégories de citoyens. En effet, une semaine avant la marche avortée des médecins, les « métallos » de Rouiba ont subi le même sort. Il y a assurément quelque chose de cassé entre le pouvoir et les citoyens quand de vénérables « blouses blanches », parfois proches de l’âge de la retraite, sont bastonnées par des policiers antiémeute comme de vulgaires « hooligans », alors qu’ils n’ont pour protester — comme ils le font d’ailleurs depuis des années sans qu’ils ne trouvent une oreille attentive des autorités — contre les mauvaises conditions qu’ils rencontrent dans l’exercice de leur profession, et ce, au détriment des malades qui sont les premiers à souffrir de la situation catastrophique que connaissent les hôpitaux. Il est d’ailleurs symptomatique que le plus grand hôpital civil actuellement en service date de la période coloniale, alors que tout le monde – experts y compris – reconnaît qu’il devrait être rasé parce qu’il n’est plus fonctionnel ! Aucune structure aussi importante de remplacement n’est, malheureusement, prévue pour suppléer à l’inadaptation de l’hôpital Mustapha qui abrite le centre anticancer le plus important du pays. Alors que l’on songe à édifier la plus grande mosquée du monde musulman pour un peu d’un milliard et demi de dollars, ne serait-il pas tout aussi souhaitable d’avoir pour seulement la moitié de la somme un ou plusieurs hôpitaux performants et dotés de moyens les plus adéquats pour le traitement du cancer ? La postérité sera sans nul doute tout aussi reconnaissante de trouver des centres de soins performants et modernes à des personnalités ou des dirigeants qu’elle n’oubliera peut-être pas aussi vite que d’habitude. Malheureusement, on est encore loin d’une telle démarche. Pour l’instant, on se contente de lancer des charges policières contre des médecins qui ne méritent pas un tel traitement, sans jeu de mots mal placé. Oui, l’élite de la nation, que sont les médecins et spécialistes, mériterait un tout autre comportement de la part des pouvoirs publics. Tout comme comme les autres catégories de citoyens en détresse et qui pour toute réponse à leurs revendications ou tout dialogue avec les autorités n’ont droit qu’à la matraque. related articles:
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